Fessenheim : l’avenir d’une centrale nucléaire est en jeu…

baseUrbain 3 [Récupéré]

Finalement l’arrêt de la centrale nucléaire de Fessenheim ne sera légalement obligatoire qu’au moment de la mise en service de l’EPR de Flamanville, en 2018 ceci pour respecter le plafond de la capacité de production nucléaire inscrite dans la loi de transition énergétique.

C’est un camouflet  retentissant pour la ministre de l’environnement Ségolène Royal qui estime avoir levé toutes les conditions mises par le conseil en janvier dernier pour voter la demande de fermeture.  Cette promesse de campagne de François Hollande en 2012 pour la fermeture de Fessenheim était  devenue un symbole politique fort que le gouvernement voulait honorer avant la présidentielle. Dommage ce décret est mis en piscine de refroidissement…

Jeudi 06 Avril 2017, au siège parisien d’EDF  il a été question de l’avenir définitif de la centrale de Fessenheim. Depuis 2012, les dirigeants d’EDF se battaient pour ajourner sa fermeture. La bataille s’est joué surtout en coulisses et le PDG d’EDF Jean-Bernard Lévy  n’a pu difficilement s’opposer publiquement à la volonté de l’État. Comme il l’a toujours dit : EDF se pliera au choix de l’État. Mais, en coulisses, l’entreprise publique a ferraillé contre son actionnaire principal pour le faire reculer. Au siège d’EDF, on s’est opposé aux arguments avancés par le gouvernement : même si l’un des deux réacteurs est à l’arrêt depuis près d’un an, la centrale a bénéficié de nombreuses améliorations, conformément aux directives de l’Autorité de sûreté nucléaire. Dans tous les cas de figure on le savait à l’avance si un décret engageant la fermeture de la centrale alsacienne avait bel et bien été signé ce jeudi, un prochain gouvernement aurait pu sans trop de difficultés revenir dessus. Marine Le Pen comme François Fillon sont opposés à l’arrêt de Fessenheim, alors qu’Emmanuel Macron s’est prononcé pour. Comme on le dit souvent : « Ce qu’un décret a fait, un autre décret peut le défaire. » D’ailleurs, le poids politique de Ségolène Royal et celui du président de la République ne pèsent presque plus à quelques semaines de passer la main. Même si la ministre de l’Environnement, qui vise la direction du Programme des Nations unies pour le développement, elle tient à une dernière sortie en beauté. Celle-ci  le serait au mépris des agents et de tous les salariés du site EDF.

En France l’Agence de sûreté nucléaire (ASN) a recensé plus de 25 installations nucléaires en cours de démantèlement et une trentaine d’installations déclassées.  Au-delà des questions politiques et économiques que soulève l’arrêt et le démantèlement de la centrale alsacienne de Fessenheim, promis par le Président Hollande le sujet est l’occasion de souligner que la France dispose dans ce domaine des compétences  pour cette filière d’excellence. La notion générale de démantèlement nucléaire s’applique à plusieurs dispositifs nucléaires : les armes nucléaires (notamment cadrés par des conventions internationales visant à freiner la course aux armements), les engins à propulsion nucléaire (sous-marin, porte-avions, brise-glace…), les installations nucléaires (militaires ou civiles). La durée d’un démantèlement pour une centrale nucléaire est estimée à environ 30 ans, de l’arrêt du réacteur à la remise du site à l’état initial. Trois étapes sont nécessaires au démantèlement pour un réacteur nucléaire. L’étape de niveau 1: mise à l’arrêt définitif (MAD) comprenant le déchargement du combustible du cœur du réacteur et son entreposage pendant deux ans en piscine de « désactivation » du bâtiment combustible. L’étape de niveau 2:  c’est le démantèlement partiel incluant la destruction de tous les bâtiments en dehors du bâtiment abritant le réacteur. L’étape de niveau 3: c’est le démantèlement total du bâtiment réacteur, des échangeurs thermiques, du bloc réacteur et aussi la destruction du bâtiment du réacteur nucléaire. Le démantèlement nucléaire s’achève par l’entreposage pour une très longue période de matières fissiles et de matériaux radioactifs en grande quantité et en grandes profondeurs, ce qui représente un défi pour les générations futures. Il revient à EDF de supporter les coûts de déconstruction et bien sûr cela coûte très cher. Pour les neuf réacteurs en cours de démantèlement, le groupe aurait provisionné deux milliards d’euros. Ce qui serait sous-estimé selon la Cour des comptes qui a assuré dans son dernier rapport qu’EDF devrait prévoir des fourchettes plus larges. Diverses ONG rassemblées au sein du réseau « Sortir du nucléaire » reprochent à EDF d’avoir sous-estimé ces coûts de démantèlement. À titre comparatif les Anglais et les Allemands envisagent eux des coûts jusqu’à cinq fois supérieurs que ceux proposé par EDF mais l’électricien justifie ses prévisions sur l’effet de série car la plupart des centrales nucléaires sont construites sur un schéma similaire. Aux États-Unis la commission de réglementation nucléaire des États-Unis évalue le coût du démantèlement à 300 millions de dollars par réacteur nucléaire, il y en a 104. Pour la gestion des déchets radioactifs en France cette partie est confiée à l’ANDRA qui est un établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC). Celui-ci assure la maîtrise d’ouvrage du stockage souterrain de déchets radioactifs à vie longue et très longue. Dans les vingt prochaines années, environ 300 réacteurs devront être démantelés dans le monde. La France pourra faire valoir de ses avancées technologiques en la matière pour profiter de ce marché très juteux. Renouveler nos emplois grâce au démantèlement de centrales nucléaires pas sûr qu’on y ait pensé au départ…

Client final: EDF
Agence: Humacom
Support: Interne
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